Welcome to the Moonsorrow Interviews Compilation!
Here you will find more than one hundred Moonsorrow interviews, many of which have already disappeared from where they were originally posted. Check the Index and Contact pages above and the notes in the left column for more info.
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Sunday, January 10, 2021

Culture Metal / January 2020

 

 SOURCE

 

Interview de Moonsorrow aux 70000 Tons of Metal 2020

Aujourd’hui, nous accueillons à Culture METAL, une nouvelle contributrice, rédactrice et photographe. SAMM a travaillé dans plusieurs webzines et magazines metal et travaille aussi à Vecteur Magazine qui sort aujourd’hui même un hors-série spécial 70000 Tons Of Metal. Aussi, voilà six mois, à l’époque des voyages et des festivals metal, SAMM nous revenait de la célèbre croisière metal, 70000 Tons Of Metal, avec une chouette interview que voici, de Mitja, le guitariste du groupe pagan/black metal finlandais, Moonsorrow. 

SAMM : Comment allez-vous après ce premier concert à l’Ice Rink hier au milieu de la nuit ?

Mitja : Effectivement, il était très tard, mais ça a été un très très bon concert. Il y avait beaucoup de monde. On a assez peu dormi et malgré cela, je me sens bien. J’espère bien aujourd’hui voir quelques amis et j’attends surtout le concert de demain.

SAMM : C’est la troisième fois que vous venez aux 70000 Tons. Comment vivez-vous cet événement si particulier ?

Mitja : Oui, on a participé à la première édition en 2011 et également en 2017. Je pense que c’est un privilège de jouer ici. C’est un scénario tellement différent de toutes les formes de concerts, de festivals, qu’on est tous dans l’attente de pouvoir jouer ici et ressentir cette vibration. En festival, tu as des espaces en backstage, ici on est tous sur le même bateau, c’est le cas de le dire et ça rend la croisière spéciale.

SAMM : Le dernier album Jumalten aika est sorti en 2016. Avez-vous quelque chose en préparation ?

Mitja : Nous sommes maintenant à un point où nous pouvons préparer quelque chose de nouveau. Ça nous a pris beaucoup de temps. Henri qui écrit la plupart des morceaux et qui produit nos albums, travaillait aussi pour Finntroll. Ville écrit la plupart des textes. Ça, c’est la base mais nous collaborons tous ensemble à l’écriture de nos albums. Mais Henri est le filtre à travers lequel tout est conçu, alors on doit attendre qu’il soit disponible. Actuellement, ils terminent les sessions en studio pour Finntroll. Je pense que nous devons attendre une année avant qu’un album de Moonsorrow soit publié. C’est vrai que cela fera cinq ans mais il y a d’autres raisons à cela. L’une d’elle est que nous voulons trouver un angle nouveau pour chaque nouvel album. Nous sommes comme pas mal de groupes, à la recherche de la recette parfaite, du son que nous voulons avoir et de la musique que nous voulons faire. Tant que nous n’avons pas quelque chose à dire, on ne sort pas de nouvel album.

SAMM : Henri a un rôle important dans le groupe et pourtant il ne tourne jamais avec le groupe. Pourquoi ?

Mitja : Il n’a plus tourné beaucoup depuis 2004 – quelques parties des tournées en 2008 et 2011 – mais il n’aime pas beaucoup tourner. Mais il est un élément très important du groupe. Il y a eu un temps en 2004 où il a voulu arrêter de se produire en public et tous les membres du groupe ont été d’accord avec sa décision. On a commencé à faire appel à Janne Perttilä qui a participé à chacun de nos albums et avec qui nous étions bons amis depuis les débuts de Moonsorrow. Alors on a trouvé là un équilibre et une solution pour tourner sans lui.

SAMM : Les morceaux sont en général très longs. Pas facile pour définir une setlist ?

Mitja : C’est une musique épique qui s’appuie sur une sorte de scénario en quelque sorte et la musique suit cette histoire, ce qui la rend progressive. Forcément, on ne se bride pas et cela peut amener à certains titres très longs. Du coup, en concert oui c’est assez difficile car évidement on ne peut pas étendre le concert en fonction du temps dont nous avons besoin. Alors si le concert dure soixante minutes et qu’on a besoin de cinq minutes de plus, on va plutôt choisir des titres qui entrent parfaitement dans le temps qu’on a et ça oui clairement c’est un problème. Par chance, on sait exactement instantanément quelle durée un morceau doit faire en concert, ce qui nous permet de réarranger certains titres mais ce n’est pas facile et pas toujours possible.

SAMM : Avez-vous changé votre manière de travailler ensemble avec le temps ?

Mitja : C’est toujours un peu différent à chaque fois. En général, on part d’une idée, un contexte où intégrer la musique et les textes. Quand l’idée du texte manque, cela devient très compliqué de faire évoluer la musique. Parfois on peut partir sur quelques riffs mais ça pourrait devenir compliqué au fur et à mesure de trouver les autres éléments si l’on n’a pas un aperçu de ce que sera le morceau en termes de paroles.

SAMM : Vous tournez beaucoup, n’est-ce pas parfois difficile ?

Mitja : On aime beaucoup tourner et on tournerait plus encore si on pouvait. Mais il y a pas mal d’obstacles dans la vie. Chacun, la plupart des membres du groupe ont une famille et parfois d’autres activités. Trouver le bon moment pour tourner devient de plus en plus compliqué chaque année mais on ne va pas s’arrêter. Bien sûr, on se sait jamais ce qui peut arriver dans la vie mais on essaie de faire que chacun puisse trouver son équilibre et nous sommes très présents les uns pour les autres. Ça je pense que ça ne changera pas.

SAMM : Tu parles d’autres projets. Peux-tu nous en parler ?

Mitja : Habituellement, la plupart d’entre nous a des projets en parallèle. En ce moment, Janne est le plus actif avec son groupe Rytmihäiriö. C’est un vieux groupe finlandais de 1988, bien plus agressif et très connu en Finlande. Il a aussi un autre groupe de death metal avec Marko qui s’appelle Barren Earth. Marko, notre batteur a lui aussi d’autres collaborations en tant que batteur parfois. Personnellement, je ne trouve pas le temps pour me consacrer à autre chose que Moonsorrow musicalement car je travaille en parallèle dans le milieu très agité de la télévision. Et puis, je ne voudrais pas prendre le risque de ne pas être disponible pour tourner avec le groupe, de devoir dire non à chaque fois, ce serait horrible, je préfère me limiter à un groupe, c’est mieux pour moi.

SAMM : Vous écoutez d’autres groupes ? Certains artistes n’écoutent pas les autres pour ne pas être influencés.

Mitja : Je n’écoute pas non plus beaucoup les autres, tout du moins ceux qui ont le même univers que nous. C’est dû aussi au fait que quand on a commencé à faire cette musique, ce genre musical n’existait même pas. Alors il n’y avait pas matière à comparaison. On a tous des parcours différents mais c’est assez variable : ça va du death metal à la musique classique et même de la country, par contre on écoute assez peu de folk ou de pagan, je trouverais ça bizarre.

SAMM : La musique de Moonsorrow est belle, profonde et touche le public qui vous est très attaché. Etes-vous conscients de cela ?

Mitja : Oui, sans aucun doute. On reçoit beaucoup du public, d’abord pendant les concerts, il y a un transfert qui s’opère entre le public et les musiciens qui est très fort. Il ne s’agit pas simplement de donner un concert, il s’agit de vivre cette musique ensemble. Et puis, on a aussi une relation avec nos fans qui est suivie et on peut mesurer par leurs retours cet attachement.

Merci beaucoup Mitja de m’avoir accordé cet interview et à demain pour le second concert de Moonsorrow.

Interview réalisée le 8 Janvier 2020 par SAMM
Photos © 2020 SAMM
Toute reproduction interdite sans autorisation écrite du photographe.

 

+ d’infos : la bio mais aussi quelques photos de Moonsorrow au Hellfest 2016 ici https://culturemetal.com/2016/06/30/hellfest-2016-moonsorrow/

Moonsorrow a été fondé par les cousins Sorvali en 1995 à Helsinki, capitale de la Finlande. Mitja Harvilahti et Markus Eurén ont d’abord rejoint la formation initiale en tant que musiciens de tournée et ont enfin été intégrés au line-up. Marko « Baron » Tarvonen a aussi rejoint le groupe en 1999. Moonsorrow, dont le nom de groupe vient d’une chanson de Celtic Frost, Sorrows of the Moon, a sorti plusieurs albums studios : d’abord un premier album Suden uni chez Plasmatica Records en février 2001, puis six albums chez Spikefarm RecordsVoimasta ja kunniasta en décembre 2001, Kivenkantaja en mars 2003, Verisäkeet en février 2005, V: Hävitetty en janvier 2007, Varjoina kuljemme kuolleiden maassa en février 2011 et enfin un dernier album Jumalten aika chez Century Media Records en avril 2016. 

Moonsorrow en produira en France au printemps, le jeudi 15 avril 2021 à la Machine du Moulin Rouge à Paris.

Saturday, June 25, 2016

La Grosse Radio / March 2016



SOURCE

Ville Sorvali, chanteur et bassiste de Moonsorrow
Un an est passé depuis notre dernière interview avec les membres de Moonsorrow. Ville Sorvali et Mitja Harvilahti nous avait fait miroiter la possibilité qu'un nouvel album voit le jour début 2016, et c'est chose faite! Leur nouvel album Jumalten Aika, ou l'Âge des Dieux en français, sort le 1er avril prochain. Le groupe entame maintenant une tournée européenne avec huit dates en France dans des salles de concerts et deux dates sur des festivals cet été. Une au Hellfest et l'autre au Ragnard Rock Fest. Voici ce que Ville Sorvali, chanteur et bassite du groupe, nous dévoile sur leur album et sur cette tournée européenne.




Eloïse : Votre nouvel album, Jumalten Aika sort le 1er avril. L’an passé, on s’était vu au Cernunnos Festival à Paris et je vous avais demandé à Mitja et toi pourquoi avoir choisi de faire un pack avec 14 vinyls reprenant vos anciens albums, plutôt que d’en créer un nouveau et vous m’aviez dit que vous aviez commencé à composer deux ans auparavant mais que vous n’étiez pas satisfait du résultat et que vous aviez tout jeté à la poubelle.

Ville Sorvali : Oui, c’est vrai… C’est ce que nous avons fait…

Eloïse : Vous m’aviez également dit qu’un nouvel album était prévu pour début 2016. Êtes-vous satisfait de ce que vous avez fait ou est-ce que vous aviez à respecter une deadline ?

Ville Sorvali : On a toujours tendance à repousser la deadline si on sent qu’on ne sera pas prêts à temps. Notre production passe toujours en premier. On doit être totalement satisfaits de nos productions ou alors on ne les enregistre pas. Je suis content qu’on ait réussi à tout faire à temps, sans avoir à repousser la deadline une nouvelle fois. Il y a deux ans, on a dû dire à notre label qu’on avait tout balancé et qu’il n’y aurait pas de nouvel album tout de suite. Ca n’aurait pas été très gentil de notre part de leur raconter la même histoire une fois encore !





Eloïse : Votre nouvel album sonne bien plus folk que les précédents. Pourquoi ce choix ?

Ville Sorvali : Je crois qu’on voulait un peu remonter le temps. On voulait explorer les éléments qu’on avait à nos débuts, les choses qui nous ont inspirées même avant que le groupe ne soit créé. Je ne sais pas vraiment ce que ça donne musicalement parlant, mais en effet notre son est bien plus folk que sur les albums précédents et c’est tout à fait intentionnel. C’est un peu comme un retour aux racines.


Vous pouvez vous faire votre propre opinion avec la découverte de ce premier morceau de l'album:






Eloïse : Qu’est-ce vous préférez dans la création d’un album : composer, enregistrer, ou être sur scène ?

Ville Sorvali : Je pense que je préfère être en tournée parce que le plus dur du boulot est fait. Composer est la partie la plus difficile parce que cela pompe tellement d’énergie ! Bien sûr on adore ça mais les idées s’entrechoquent dans nos têtes tout le temps, elles ne te laissent pas tranquille tant que l’album n’est pas enregistré. Beaucoup d’aspects de nos vies privées en souffrent : principalement la famille et le travail. Composer la musique est un travail intense. Alors que quand on est en tournée la musique est faite, les gens ont déjà entendu l’album, on sait ce qu’ils en pensent. On a juste à monter sur scène et jouer les morceaux.

Eloïse : En parlant de tournée, vous allez commencer votre tournée européenne et vous avez choisi de jouer huit dates dans de petites salles de concert en France et 2 dates dans de gros festivals. Pourquoi avoir choisi de jouer autant de dates en France ?

Ville Sorvali : Je pourrais dire que c’est parce qu’on adore la France, ce qui est vrai, mais en vérité ce sont les gens compétents que nous avons employés qui choisissent pour nous. Notre tourneur et notre manager ont décidé qu’on allait faire ces dates. C’est difficile de trouver le temps et les endroits où jouer et on ne peut vraiment pas tout gérer nous-mêmes. On a besoin de professionnels pour le faire à notre place. Donc à chaque fois que quelqu’un vient nous dire : "Eh vous devriez jouer ici ou là." on répond simplement : "Parlez-en à notre tourneur si vous voulez vraiment que ça arrive !"

Eloïse : Connaissez-vous les salles où vous allez jouer ?

Ville Sorvali : Oui, on a déjà joué dans certains endroits et on va découvrir les autres. On s’est bien amusé sur les tournées précédentes, et particulièrement en France. On adore jouer en France, le public est vraiment à fond dedans, passionné !

Eloïse : Vous allez aussi jouer au Hellfest et au Ragnard Rock Festival cet été.

Ville Sorvali : Oui. On a déjà joué au Hellfest. Notre tourneur nous y a booké une date. Et on est impatient d’y être. C’est un super festival. C’est aussi assez énorme. On peut carrément s’y perdre!

Eloïse : Et qu’en est-il de la deuxième édition du Ragnard Rock Festival?

Ville Sorvali : Ils nous avaient déjà contactés pour la première édition. Mais notre planning ne nous permettait pas de venir y jouer. Je devais travailler ailleurs pour gagner ma vie, donc on n’a pas pu y aller l’an dernier mais je suis content qu’on puisse venir cette année.

Eloïse : Qu’est-ce qui vous plait dans ce festival ?

Ville Sorvali : Je n’en ai aucune idée ! Je ne sais absolument rien de ce festival.

Eloïse : C’est une sorte de festival viking. Il y a beaucoup de groupes de métal Folk et Pagan, mais aussi un marché viking et des troupes de reconstitution historique qui font des animations.

Ville Sorvali : Du coup, il y aura bien plus de choses à faire que de seulement regarder les groupes jouer. C’est génial ! J’adore ce genre de festival. On a joué dans ce type de festoch en Finlande aux côtés de Korpiklaani. Il y avait pas mal de groupes mais l’attraction principale était plus le marché médiéval.

Eloïse : Savez-vous aux côtés de qui vous allez jouer ? Et êtes-vous heureux de partager la scène avec les groupes annoncés ?

Ville Sorvali : Pour être tout à fait honnête, je n’ai même pas regardé… Mais je suis toujours heureux de partager la scène avec d’autres groupes. Mais je devrais peut-être vérifier qui joue. Mais bon, je m’intéresse à tout ça seulement deux ou trois jours avant le festival en général.

Eloïse : L’an dernier je vous avais demandé de me donner un seul mot pour définir votre groupe. Est-ce que tu te rappelles ce que tu avais dit ?

Ville Sorvali : Plusieurs personnes m’ont posé cette question. Et je réponds toujours un truc différent mais le plus souvent je donne le mot "SATAN !". Je t’ai dit ça la dernière fois ?

Eloïse : Oui en effet !

Ville Sorvali : En fait, ça vient d’un documentaire sur le métal [A Headbanger’s Journey]. A un moment tu vois le mec demander à un des membres de Gorgoroth s’il peut définir le Black Metal. Et là ça prend des plombes. Il fait tourner le vin dans son verre dans un silence de mort et d’un coup il dit : "SATAN !". Ma réponse est un peu un hommage au groupe. [rire]

Mais plus sérieusement, Moonsorrow n’a strictement rien à voir avec Satan. Mais c’est une bonne réponse. Satan représente bien plus de choses à nos yeux en tant que personnes que le Dieu chrétien.

Eloïse : Cela fait écho avec le titre de votre nouvel album, Jumalten Aika, qui signifie L’Âge des Dieux. Est-ce que vous croyez aux dieux de l’ancien temps ?

Ville Sorvali : Je ne pense pas que quiconque ayant accès aux méthodes scientifiques actuelles puisse croire réellement en Dieu ou en des dieux. Mais les dieux sont de bonnes métaphores pour expliquer ce qui se passait aux temps des anciens peuples. Ils n’avaient pas de méthodes scientifiques pour expliquer certains phénomènes naturels. Ils vivaient dans et avec la nature au quotidien et voulaient la comprendre. Tout dépendait de ce que les gens comprenaient ou non de ce qui les entourait. Les dieux sont les métaphores des choses inexplicables de la nature et j’adore ces histoires.

Eloïse : Quelle est ton histoire préférée ?

Ville Sorvali : Je ne peux pas en choisir une en particulier. En général, j’apprécie différentes mythologies. En fait, j’aime particulièrement les différentes versions que les peuples ont inventées pour expliquer la création du monde et des hommes. Elles sont toujours un peu similaires peu importe de quel endroit du monde elles sont issues.

LGR : Je digresse un peu, mais si tu comprends un peu le français tu devrais jeter un œil à un dessin animé intitulé "Les Terres Imaginées". (La voix off est faite par Juliette. Si vous ne connaissez pas cette chanteuse et que vous ne vous intéressez pas qu’au métal, jetez-y une oreille)

Ville Sorvali : Mon français est horrible, mais ça m’intéresse. Tu pourras m’envoyer un lien où le regarder ou voir un extrait?

Eloïse : Oui bien sûr. Par contre, je vais revenir à ma question précédente. Maintenant que tu ne peux plus répondre "SATAN !" est-ce que tu peux me donner un seul et unique mot pour définir Moonsorrow ?

Ville Sorvali : Cette fois-ci je dirais bien "métal". Ce n’est pas très original mais je pense pouvoir parler pour les autres aussi en disant métal, parce que oui, Moonsorrow est métal !

Eloïse : Je ne m’intéresse pas seulement au groupe, je m’intéresse aussi à toi en tant que personne. Je vais donc te poser deux questions un peu plus personnelles. Que lis-tu et qu’écoutes-tu en ce moment ?

Ville Sorvali : Eh bien, pour être honnête, je dois dire que ne lis probablement bien moins que les gens ne le pensent. Je ne lis pas tant que ça. Je lis beaucoup de choses sur Internet. J’aime chercher des informations et des connaissances. Internet est un super outil pour ça. Par exemple, quand j’ai fait des recherches pour l’album, j’ai trouvé beaucoup de choses intéressantes sur de vieilles croyances finlandaises qu’on ne trouve pas dans les bibliothèques parce que personne n’a pris la peine de les écrire dans des livres ou les livres ne se trouvaient pas dans la bibliothèque près de chez moi. Je lis beaucoup de choses sur la toile, mais ce n’est pas forcément bon pour les yeux à causes de la lumière bleue de l’écran. Je devrais lire plus de livres !

Après c’est peut-être une chose étrange à dire, mais je pense que si les Vikings avaient eu Internet à leur époque, ils l’auraient utilisé parce qu’ils étaient d’une grande curiosité. Je pense que c’est la plus grande révolution depuis l’invention du feu. (J’aime bien dire ça mais la citation n’est pas de moi. Un ami m’a dit ça une fois et je trouve ça très juste).

Eloïse : et pour la musique ?

Ville Sorvali : Eh bien, en ce moment, c’est plutôt ennuyeux… J’écoute ma propre musique parce qu’on doit répéter pour la tournée. Du coup, j’écoute principalement les chansons de notre nouvel album pour apprendre comment les jouer. Mais je crois que mis à part Moonsorrow, le dernier groupe que j’ai écouté est un groupe de Folk Suédois appelé Gjallarhorn. Ça vient tout droit de la mythologie scandinave. C’est le nom d’une corne mythique. Pour moi, ce groupe est très inspirant. La musique n’est pas totalement traditionnelle. Il y a aussi des éléments modernes mais leur musique est très ancrée dans la musique folk des côtes finlandaises et suédoises.

Eloïse : Et tu ne te lasses jamais d’écouter ta propre musique ?

Ville Sorvali : Je pense qu’on aurait totalement foiré si c’était le cas ? Notre but est de faire de la musique que nous-mêmes apprécions en tant que personne. C’est vraiment très important. Donc non, je ne me lasse jamais de ma propre musique.

Eloïse : Merci d’avoir répondu à ces questions.

Ville Sorvali : Merci à toi, en espérant te voir ainsi que tout le public français pendant notre tournée.


 
Eloïse Morisse

La Grosse Radio / March 2015



SOURCE (with some cool photos actually)


Mitja Harvilahti et Ville Sorvali de Moonsorrow au Cernunnos 2015

Entrevue avec Mitja Harvilahti et
Ville Sorvali de Moonsorrow – Cernunnos Festival 2015

Pendant que nous rations les joyeux Compagnons du Gras Jambon, nous avons pu discuter avec deux membres éminents de Moonsorrow, à l'origine du groupe. L'interview a été menée en duo par Thomas et Camille, spécialiste des langues finoises et anglaises, ce qui tombait drôlement bien !
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LA GROSSE RADIO : Votre dernier album est sorti en 2011, et maintenant vous sortez quelque chose de très spécial : un coffret avec  14 vinyles. Pourquoi ce choix ?

Mitja Harvilahti: Oui, 14 vinyles et il n’y en a déjà plus en stock. Ces vinyles ont été réalisés par un label appelé Blood Music. Ils nous ont contactés. J’ai rencontré le mec qui gère le label il y a quelques années. Il a eu l’idée de sortir un coffret Moonsorrow avec tout ce qu’on a fait. Ca a pris 2 ans pour le faire.


LA GROSSE RADIO: Et pourquoi avez-vous choisi de faire ça ? Est-ce que vous vouliez revenir sur tout ce que vous aviez déjà fait ?

Mitja Harvilahti: On voulait avoir une version vinyles de tous nos albums et la partager avec les fans. Seuls le premier et le dernier album sont sortis dans une version vinyle correcte.


LA GROSSE RADIO: On peut donc dire que vous avez une âme de collectionneurs.

Ville Sorvali: C’est le cas de notre batteur.

Mitja: Je collectionne aussi, mais pas des albums. Je collectionne plus des guitares, ce genre de choses.

Ville: Je collectionne les souvenirs, ce qui n’est pas forcément une bonne chose. Quand je serai vieux, toute ma collection sera perdue.


LA GROSSE RADIO: Ce coffret va faire partie des bons souvenirs ?

Mitja: Oui. Ce coffret s’appelle Heritage et c’est vraiment notre héritage musical dans un coffret.


LA GROSSE RADIO: Si vous appelez ce coffret votre héritage, est-ce que cela signifie que vous voulez arrêter la musique, ou allez-vous continuer ?

Ville: On fera de la musique aussi longtemps qu’on vivra. Je ne sais pas ce que sera le dernier album de Moonsorrow. On n’a rien prévu de particulier mais on fera de la musique jusqu’à la fin de nos jours.

LA GROSSE RADIO: Avez-vous prévu un nouvel album? Est-il déjà en cours de composition ?

Ville: On a déjà commencé à composer… il y a longtemps en fait… il y a deux ans.  On a composé quelques chansons mais on les a toutes jetées. A un moment, on s’est rendu compte que ce n’était pas le genre de musique qu’on voulait faire, donc on a tout recommencé. On est presque au bout de ce deuxième essai. L’album est presque complet. On sera en studio d’ici quelques mois.

Mitja: Il sortira au début de l’année prochaine.


LA GROSSE RADIO: Le fait que vous ayez tout jeté pour recommencer, est-ce un signe d’évolution dans votre musique, ou est-ce que les morceaux étaient trop différents de ce que vous faites habituellement?

Mitja: On veut toujours évoluer pour chaque album mais cette fois-ci ce qu’on a fait n’était pas assez bon. Ça ne sonnait pas comme étant un parfait album de Moonsorrow.

Ville: Quelque chose n’allait pas, sans savoir vraiment quoi.

Mitja: Oui, ça n’avait pas le bon esprit.


LA GROSSE RADIO: Dans vos chansons, vous parlez de paganisme et de la culture finlandaise. Est-ce que vous avez des activités en parallèle qui sont liées à cela, comme de la reconstitution historique, par exemple ?

Ville: On ne fait rien de païen et nous ne sommes pas religieux. On a seulement un grand respect pour la nature qui est à la base de tout. Nous ne serions pas là si nous n’avions pas une réelle connexion avec notre planète. C’est la source de tout.

Mitja: On ne fait pas de reconstitution. On laisse ça à d’autres qui aiment ça beaucoup plus que nous. Cela doit être super de revivre certaines choses que l’on ne peut pas trouver dans la société actuelle. Mais on ne ressent pas le besoin de faire ce genre de choses. Mais cela ne nous empêche pas d’avoir de l’intérêt et du respect pour l’Histoire.

LA GROSSE RADIO: Quel livre est posé sur votre table de chevet en ce moment ?

Ville: Je ne sais pas lire ! Enfin si, je sais… mais je dois l’admettre, et c’est plutôt honteux pour un intellectuel prétentieux comme moi, je ne lis pas tant que ça. J’ai beaucoup lu fut un temps, mais aujourd’hui je lis seulement des articles sur internet. Je lis toujours beaucoup de choses sur l’histoire et la mythologie. Je me rappelle encore du dernier livre que j’ai lu. C’était pendant un voyage pour le Japon. C’était un petit livre sur la vie en tournée, écrit par un ami et je l’ai lu pendant le vol.

Mitja: Je suis un train de lire un roman russe intitulé "Cocaine Novel", un truc comme ça. [NDLR: il s'agit probablement de "Novel with Cocaine" d'Ageyev] C’est du 19° siècle je crois. Je ne me rappelle plus qui est l’auteur, mais il est russe. C’est un roman sur un jeune homme dont la vie s’écroule. C’est drôle et triste à la fois. Mais le style est plutôt classique. Un bon roman russe.


LA GROSSE RADIO: Imaginons que vous ayez des fonds illimités. Quelle serait la chose la plus folle que vous feriez pour le groupe ?

Ville: Jouer sur la Lune. Personne n’a jamais fait ça. Et ça serait vraiment difficile d’obtenir un son sur la Lune à cause du manque d’atmosphère.


LA GROSSE RADIO: Dans notre interview précédente, nous avons posé la même question aux membres de Cruachan et ils voulaient aussi jouer sur la Lune mais ont finalement décidé qu’ils joueraient sur Mars.

Ville: Ok, donc on ira sur Jupiter ou le Soleil.

Mitja: Non, il va faire trop chaud pour Marko. Il déteste le chaleur. Ce sera Jupiter.

Ville: Non! Ou alors on pourrait embaucher quelqu’un qui nous construirait une véritable machine à remonter dans le temps qui marche et on jouerait pour les vrais Vikings. Je serais curieux de voir leur réaction… Ils nous tueraient probablement.

LA GROSSE RADIO: En parlant de choses folles. Quelle est la chose la plus folle que vous ayez faites sur scène ?

Mitja: Je ne sais pas, mais je sais très bien quelle est la chose la plus folle qu’il m’ait faite sur scène! On jouait en Hongrie, et je faisais un solo de guitare et soudain, il a chopé mon caleçon et a commencé à le tirer vers le haut. Il voulait craquer mon caleçon ! Il a essayé de le tirer si haut qu’il aurait pu me le mettre sur la tête. Il a essayé de m’étrangler avec mes propres sous-vêtements !

Ville: Oh… Ce n’est pas ce que j’essayais de faire, mais oui ça aurait pu être potentiellement dangereux. Je pense que c’est la chose la plus stupide qu’on ait faite. Oh et j’ai vomi sur scène mais ça c’est normal. Et j’ai pissé dans mon pantalon… Mais c’est normal aussi. Vous savez les sets sont longs… et on boit beaucoup de bières avant…

Mitja: Quoi?! Tu t’es vraiment pisser dessus?

Ville: Non … une fois… accidentellement

Mitja: ça va faire les gros titres !


LA GROSSE RADIO: Oui probablement !

Ville: J’avais pas vraiment prévu de mouiller mon pantalon. C’est plutôt inconfortable !


LA GROSSE RADIO: Maintenant, passons à la question la plus difficile. Pouvez-vous définir votre groupe un seul mot ?

Ville et Mitja: SATAN ! C’est la question la plus facile.

Ville: Apportez-nous du vin, s’il vous plaît !

Mitja: Tout d’abord, venez nous voir en concert, et apportez-nous du vin !
Camille Morisse et Thomas Orlanth

Photos © 2015 Thomas Orlanth : www.thomasorlanth.com
Toute reproduction interdite sans autorisation écrite du photographe.

The Unchained / March 2015



SOURCE


Interview Moonsorrow

Pendant la Cernunnos Pagan Fest 2015, alors que les festivités battaient leur plein à la Machine du Rouge, nous avons pu rencontrer Ville Sorvali et Matja Harvilahti de Moonsorrow. Agréables comme peuvent l’être les finlandais ils ont répondu à nos questions .
Pouvons-nous parler des nouvelles du groupe ? Un nouvel album de prévu?
Ville : Il va y avoir un nouvel album effectivement.  Je ne te dirai pas quand! Ce sera probablement dans un an.
Matja : On en a déjà composé une bonne partie, on va entrer en studio et ça sortira sûrement l’année prochaine.
Reviendrez-vous à Paris pour en faire la promotion ?
Ville : On le souhaite oui ! On projette de toute façon de faire une tournée dans plusieurs villes françaises pas seulement à Paris. Le public est bon partout.
Matja : La France est devenue un des meilleurs pays où jouer, tout comme dans le sud de l’Europe.
Ville : Bizarrement, il (Matja) voit la France comme un pays de l’Europe du Sud….
Matja : (rires) Non !
A propos des paroles de vos chansons… Le prochain album sera aussi en Finnois ?
Ville : Oui ! Jusqu’à la fin des temps… C’est l’âme du groupe. On ne peut pas vraiment dire pourquoi.
Matja : Pourquoi devrions-nous ? L’anglais n’est pas une meilleure langue que le finnois qui est très poétique et expressive.
Ville : L’anglais est même plus pauvre, il n’y a pas autant de façon de s’exprimer. Je considère que mon anglais écrit est très varié il y a plein de mots et d’expressions mais je sens que je ne peux pas exprimer tout ce que je veux en anglais.
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Quelles sont vos influences ?
Ville : On en a beaucoup comme …
Matja : Satan ! (rires)
Ville : Et bien disons que Bathory, Enslaved, King Crimson ce sont les trois principaux. Il y a bien sûr plusieurs groupes de Black Metal, Death Metal, la musique traditionnelle scandinave…
Matja : Le black Metal est très important on a tous grandi avec et c’est une grande partie de notre musique. C’est peut être une des seules choses qui connecte tout le groupe, c’est le seul sujet concernant la musique sur lequel on a le même avis.
Concernant le Pagan Metal, pensez-vous qu’un festival  comme la Cernunnos regroupant que des groupes de ce style est une bonne chose ?
 Matja : Pourquoi pas ? Il y en a tellement, des bons et des groupes horribles ! Il y a de quoi faire un festival ! Et c’est une bonne idée d’avoir ce festival au milieu de la ville au lieu d’être au milieu d’un bois ! C’est grand.
Ville : C’est très bien situé ! C’est central.

Vous jouez dans d’autres festivals de ce genre ?
 Matja : Oui tout le temps, la plupart des festivals qu’on fait ont un lien avec le Folk Metal.
Ville : Il y a deux jours en Europe on a vu de vrais vikings ! Ils étaient habillés comme ça et marchaient dans la rue, c’était un grand festival viking.
Pouvons-nous parler des paroles de vos chansons ?
Ville : On parle de beaucoup de choses, de la nature, la philosophie générale c’est le Pagan c’est dur d’expliquer plus que ça. Parfois ce sont des histoires, parfois juste des descriptions il y a beaucoup de choses. Le dernier album a de très bonnes traductions, cette fois je ne les ai pas traduites moi-même.
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Vous faites beaucoup de concerts en ce moment…
Matja : Oui… enfin ça dépend, cette année par exemple on n’a pas été beaucoup en tournée. Et l’année dernière non plus, on en a pas fait tant que ça, mais de très intéressantes par contre, comme en Asie, un voyage au Japon.
Il y a un endroit où vous préférez être ?
Ville : Chez moi…  Non c’était une blague ! Quoique pas tant que ça, j’aime beaucoup jouer chez moi.
Matja : Je déteste jouer chez moi !
Ville : J’aime aussi être en Europe, il y a tellement d’endroits bien pour jouer, la France par exemple si c’est ce que tu veux entendre !
(Rires) Non pas forcément !
Matja : Il y a des villes qui sont toujours bonnes pour jouer comme à Montréal, ça a été excellent à chaque fois, et les villes de l’Amérique de nord en général. Et en Europe…
Ville : La Hongrie, c’est là où la première fois on a eu une séance de dédicace et on avait jamais vu cette forme de folie ! En Finlande l’année d’avant, on avait déjà vu une ou deux personnes venir avec un stylo et un bout de papier mais jamais comme ça.
Matja : La Finlande est très bien aussi, on a jamais eu de mauvais concert à Helsinki, la Suisse aussi c’est bien et la France.
Ville : Le sud de la France est plus fou que le nord ! Un de nos concerts les plus mémorables c’était à Toulouse et c’était fou ! Il y a avait un sonomètre que je regardais pendant qu’on jouait et parfois au milieu des chansons je demandais au public de faire un putain de bruit, et ils criaient même plus fort que le groupe ne jouait !
Si vous pouviez choisir les groupes pour une Pagan Fest,  ce seraient lesquels ?
Matja : Je crois que je voudrais Enslaved parce qu’ils ne jouent pas beaucoup dans ce genre de festivals, je crois qu’ils prennent eux-mêmes de la distance sur ça. Mais ce serait cool de les avoir donc je dirais Enslaved, Amorphis, Thyrfing. Peut-être nous aussi ! (Rires)
Voudriez-vous dire quelque chose au public français ?
Matja : On aime vraiment jouer en France, et on espère revenir quand notre album sera sorti et tous vous voir.
Ville : Et boire votre vin !
Matja : On aime beaucoup le vin donc ramenez-nous du vin rouge et du vin blanc !

Merci à Ville et Matja pour ce moment et à Sarah de Dooweet !
Texte : Cindy Tucci
Photos : Aurélie Margerin

Wednesday, September 23, 2015

Le Francofil' / December 2010

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Moonsorrow : le géant se remet en marche

Moonsorrow est sans aucun doute l’un des fers de lance de la musique métal finlandaise. Proposant une musique épique semblable à aucune autre pour son intensité et sa splendeur dramatique, le groupe était jusqu’à peu, bloqué dans le studio pour accoucher de leur sixième opus qui aura la lourde tâche de succéder au magistral Viides Luku. Nous avons rencontré, dans un bar du centre de Helsinki, Vile Sorvali, chanteur et bassiste du groupe afin qu’il nous révèle plus l’histoire et le fonctionnement de ce grand groupe.

Bonjour Vile, comme LeFrancofil’ est un journal d’information général, nos lecteurs ne sont peut-être pas familiers avec l’univers du Métal. Pourrais-tu présenter Moonsorrow à ces néophytes ?
Moonsorrow est un groupe de métal finlandais. Nous nous désignons nous mêmes comme faisant du métal païen. Nous avons cinq albums à notre actif et existons depuis 1995.

Un des points les plus remarquables de votre carrière est le fait que les membres du groupe n’ont pas changé depuis le tout premier album. Comment pourrais-tu expliquer cette singularité ?
Je n’en ai moi-même aucune idée, il doit y avoir une bonne alchimie entre nous, Il n’y a jamais eu aucun problème dans le groupe… je ne peux pas vraiment l’expliquer, c’est vraiment rare tu sais.

Comment se passe le processus d’écriture musical dans le groupe ? Moonsorrow est-il un groupe où tous ont la possibilité de s’exprimer ?

Normalement, cela se passe toujours de la même façon ; Henri, qui est notre claviériste écrit généralement la plupart des morceaux. Si quelqu’un vient avec une idée, il le fait savoir à Henri qui réalise alors une démo sur son ordinateur. Nous n’écrivons jamais vraiment rien dans la salle de répétition. Les morceaux prennent vie sur son ordinateur.

Vile, en tant que chanteur principal du groupe, tu es également en charge de l’écriture de la plupart des textes. Comment procèdes-tu exactement ?
Il peut m’arriver d’écrire quelque chose avant que les chansons ne prennent corps, juste quelques lignes qui me viennent à l’esprit, je peux toujours les écrire sur mon ordinateur afin de les sauvegarder. Néanmoins, j’écris toujours les paroles d’après les titres définitifs car je veux que celles-ci reflètent ce que la musique m’évoque. C’est également plus facile pour procéder à l´arrangement vocal des chansons.

Une autre singularité du groupe est le fait que toutes les chansons sont écrites en finnois. Cela a-t-il été une décision bien planifiée ? Penses-tu qu’il soit important d’utiliser ta langue maternelle pour t’exprimer artistiquement ?
Oui, je pense que j’en ai besoin pour m’exprimer proprement, et cela va parfaitement avec le groupe car tout ce que nous faisons est, quelque part finlandais ; ce ne serait pas la même chose si nous écrivions en anglais. Mais nous n’avons jamais eu de réunion pour décider de notre orientation artistique, nous avons un accord commun sur ce que nous faisons.

Pourrais-tu décrire le concept lyrique de Moonsorrow en une seule phrase ?
Dans un sens, je pourrais même le résumer en un seul mot : païen. Nous aimons exprimer notre nature païenne, la culture qui fut en Finlande avant l’arrivée du christianisme. Il reflète également une opposition aux valeurs modernes que nous avons aujourd’hui.

Ces dernières années, on a assisté à une croissance sans précédent des groupes de métal utilisant des paroles ou un concept inspiré des temps préchrétiens. Crois-tu que ce genre d’attitude ne diffère pas de la majorité des groupes de métal ou bien penses-tu que cela demande un engagement plus personnel ?
Question difficile. Je pense que la plupart des gens qui écrivent sur le sujet y croient. Il y a certainement aussi quelques individus qui agissent ainsi parce qu’ils suivent la mode ou je ne sais quelles autres raisons, mais je pense que le mouvement est quelque chose de positif. Cela peut rendre les gens conscients qu’il existait une culture avant la chrétienté ou même avant notre soi-disant société moderne. Peut-être que cela fera penser à plus de monde que la façon dont nous vivons aujourd’hui n’est peut-être pas la seule qui existe.

La plupart de ces groupes choisissent généralement, sans regards pour leur héritage culturel, de parler de la frange nordique du paganisme. Penses-tu qu’il serait plus convenable que ces groupes puisent dans la tradition qui leur est propre ?
Oui, totalement. Je veux dire, si un groupe français, par exemple, a envie d’écrire au sujet du paganisme nordique, pourquoi pas, mais il y avait également une culture païenne vivace en France. Alors ce genre de groupes devrait peut-être creuser plus profondément dans l’héritage culturel qui leur est propre…

Es-tu inspiré, dans ton écriture, par les épopées et autres récits préchrétiens ?
Certainement, mais le problème est qu’en Finlande, il n’existe aucun texte préchrétien car avant l’arrivée du christianisme, personne ici ne savait écrire, il n’existait donc que quelques éléments de savoir dispersés ici et là. Notre épopée nationale par exemple ne fut posé par écrit que quelque chose comme 700 ans après l’introduction du christianisme.

Quels sont les groupes qui vous ont le plus inspirés musicalement ?

Je dirais au début, des groupes comme Bathory et Enslaved mais nous aimons constamment intégrer de nouveaux éléments à notre musique et certaines influences sont apparues plus tard. Le groupe était très orienté black-métal à ses débuts mais il y avait encore beaucoup de choses à venir. Nous sommes également influencés par le folk et la musique progressive ainsi que bien d’autres choses. Je ne dirais pas qu’il existe une simple source d’inspiration pour notre musique.

Votre dernier album était très impressionnant; il ne comptait que deux morceaux pour une durée totale de 56 minutes ! Comment vous-est venue une telle idée ?
Je ne sais pas, c’est arrivé c’est tout…C’est une réponse ennuyeuse et peu informative mais…nous étions juste en train d’enregistrer le premier morceau de l’album et cela s’est juste développé à rallonge…et à la fin il totalisait trente minutes au compteur ! À ce point nous nous sommes dit, pourquoi ne pas écrire un second morceau du même acabit, pour tester nos limites…Nous n’avons jamais eu de plans préconçus, nous écrivons juste ce que nous ressentons.

Les paroles de cet album étaient particulièrement sombres, peut-ont s’attendre à quelque chose dans le même style pour votre nouvel album ?
Je dirais que cette fois-ci non plus il n’y a pas de lumière au bout du tunnel. Cela à pris une tournure encore plus sombre que je ne l’avais envisagé au premier chef.

Au niveau du format des chansons, avez-vous gardé cette tournure jusqu’au-boutiste ou bien êtes-vous revenus à écrire des chansons plus courtes ?
Tout ce que nous faisons est en quelque sorte sans compromis mais nous avons tout de même fait des chansons plus courtes que la dernière fois, elles ne dureront pas une demi-heure cette fois-ci. Elles restent longues pour tous les standards mais restent bien plus courtes que sur notre dernier album.
Pour ce qui est de l’inspiration pour faire de si longs titres… j’ai toujours aimé les groupes comme King Crimsom, ils écrivaient des épopées, leurs chansons étaient des histoires à elles seules, j’ai toujours aimé cette approche. Nous ne venons pas avec des titres aussi longs de manière intentionnelle mais nous avons beaucoup de choses à dire et en conséquence nos morceaux ont tendance à être extrêmement longs. J’aime penser que nous faisons de la musique pour ceux qui aiment la musique, pas seulement les chansons.

À part votre participation à la tournée européenne du Paganfest l’an prochain, aura-t-on la chance de vous croiser sur la route ? Et qu’en est-il de vos fans finlandais, auront-il aussi droit à quelques concerts ?

Oui, après le Paganfest nous ferons quelques concerts en Finlande, ils ne sont pas encore confirmés mais nous les ferons et quelques festivals estivaux bien évidement. Je n’ai aucune idée de ce qu’il se passera l’automne prochain mais je n’ai pas besoin d’avoir des certitudes si loin dans le temps.

J’ai pu, en faisant des recherches sur le groupe, trouver que tu avais fait partie d’un groupe appelé May Withers, peux-tu nous en dire plus sur ce groupe plutôt inconnu ?

Le projet existait avant que tout ne soit sur Internet. Nous avons juste enregistré une démo et ce fut tout. C’était chouette quand cela existait bien sûr…c’était une sorte de métal mélodique dans le veine d’Anathema, ce genre de choses. On appelait cela pop-métal même si ce n’était pas exactement pop.

Moonsorrow est un groupe de métal finnois, or la Finlande est un pays dans lequel le métal est considéré comme une musique populaire. Quels sont les avantages et les inconvénients d’une telle situation ?
Ah…je pense que l’on peut gagner de l’argent grâce à cette situation (rires), je blague, on ne se fait pas tant d’argent que ça en vérité. Cette situation est bonne pour les groupes bien sûr, ils ont plus d’opportunités pour faire des concerts et faire des albums de qualité avec des moyens conséquents et de se faire connaître.
Étant donné que le métal est en quelque sorte accepté par tous en Finlande, il attire des gens qui n’y auraient jamais eu contact et qui n’en connaissent pas vraiment la finalité. Le métal, comme le punk, est une musique de rébellion et maintenant qu’il est accepté par tous, il n’est plus vraiment rebelle… tout semble apparaître sous un jour différent aujourd’hui car on peut vraiment y gagner de l’argent. Je pense que c’est HIM qui fut l’un des premiers à populariser la musique métal en Finlande.

Que représente Moonsorrow pour toi ?
Une très grande part de ma vie. J’ai fait partie du groupe, si l’on veut être précis, la moitié de ma vie et c’est quelque chose dont je ne pourrais pas me débarrasser même si j’en avais envie. Je ne me suis jamais senti pareil dans aucun autre groupe, cela fait partie de ma vie au lieu de n’être “que” de la musique.

Musicalement, à part le métal, qu’écoutes-tu ?
Beaucoup de choses ! Je ne peux pas mettre mes goûts musicaux dans des cases. Aujourd’hui j’écoutais Madonna sur mon ordinateur par exemple.

Tu veux vraiment que j’écrive ça ?
(rires) Vas-y, ce n’est pas un secret. J’écoute différents styles de musique. J’étais également en train d’écouter Gojira durant la même heure. Cela peut en quelque sorte, représenter mes préférences musicales ; le style importe peu du moment que la musique est bonne.

Quels sont pour toi les meilleurs et pires groupes finlandais ?
Le dernier groupe finlandais qui a retenu mon attention a été Ghost Brigade. Je trouve qu’ils sont réellement impressionnants et ne sonnent comme aucun autre groupe. Beherit fut une grosse influence pour Moonsorrow. Amorphis, en tant qu’influence précoce fut très important… Swallow the Sun, nous avons tourné avec eux à quelques occasions, c’est vraiment un très bon groupe, ainsi qu’Insomnium dans le death métal mélodique.
The 69 Eyes, je ne les apprécie pas plus que ça, c’est le cas de beaucoup de gens, mais ils sont connus malgré tout. Ils faisaient de bons trucs au début mais ils ont changé leur style. Mais je ne déteste personne, je préfère trouver la face positive de chaque groupe. J’ai même fini par apprécier Korpiklaani (rires) ! Nous étions en tournée ensemble et j’ai du les écouter tous les soirs et j’ai finalement appris à comprendre leur musique.

Quelle a été ta dernière découverte musicale ?
Je n’ai fait aucune découverte aujourd’hui tout du moins. Mais j’aime essayer de faire le plus de découvertes que possible. Quelle était la dernière ? (Long silence…) Ha, subitement, je peux plus me souvenir…ha, oui ! Ma dernière découverte fut ce groupe de black métal finlandais, Raate.

Merci beaucoup pour cette interview Vile, je te laisse les derniers mots :
J’envoie mes salutations à tous les citoyens français qui se sont aventurés en dehors de leur pays et qui, pour d’étranges raisons, ont terminé ici. Bonne chance !
Le nouvel album de Moonsorrow devrait arriver dans les bacs de tous les bons disquaires vers la fin de l´hiver à travers le label Spikerarm. Soyez patients.
http://www.myspace.com/moonsorrow
http://www.paganfest.eu/news.html
http://www.spinefarm.fi/showband.php?id=36
http://www.moonsorrow.com/moonsorrowcom/moonsorrow.html
Propos recueillis par Lyonel Perabo

Saturday, March 10, 2012

Heavylaw / April 2008

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Moonsorrow
Type : Mailer Interviewer: DreamSlayer Date : 2008-12-00
PREMIERE PARTIE

Paris, un soir d'avril 2008. Le bus devant récupérer Moonsorrow après le Pagan Fest est en retard. Les finlandais ont l'air de s'ennuyer, donc je sors le dictaphone et j'entame la discussion…



-Pourquoi avoir sorti l’EP Tulimyrsky, un peu plus d’un an seulement après votre dernier album, V?

Henri Sorvali: On avait envie de sortir un truc, mais on ne se sentait pas de composer un album entier pour le moment.


-Pourquoi ces deux reprises ?

Ville Sorvali : Nous étions avec Henri dans un groupe avant Moonsorrow où nous reprenions essentiellement du Bathory, mais on avait eu envie de reprendre For Whom The Bell Tolls de Metallica, un morceau qu’on aime beaucoup. On en a reparlé en 2001 et on a même fait une version démo de la reprise, mais c’en est resté là jusqu’en 2005, où on s’est dit qu’on devrait peut-être enregistrer cette maquette qui traîne depuis un moment ! L’enregistrement fut bouclé en une journée mais le résultat est resté dans un tiroir parce qu’on ne savait pas trop quoi en faire. On a enfin eu l’occasion de le publier, donc on en a profité. On l’a juste re-masterisé. Quant à Merciless, c’est un petit groupe suédois que Henri affectionne tout particulièrement, il a toujours eu envie d’en faire une reprise.


-For Whom The Bell Tolls est un standard, était-ce difficile de l’amener dans l’univers sonore de Moonsorrow ?

Henri : Non c’était même très facile en fait, j’ai arrangé le morceau instinctivement, sans réfléchir, dans ma tête ça devait sonner comme ça.


-Le résultat est incroyable, c’est une franche réussite !

Lord Eurén : Oui, je pense que c’est une bonne reprise car elle ne colle pas à la version originale. Ca pourrait être un morceau de Moonsorrow.

Henri : C’est en tout cas l’impression que nous voulions donner.


-Un EP de 60 minutes, vous voulez rentrer dans le Guinness ou quoi ?

Henri : Non, Reverend Bizarre a déjà fait plus long ! Et un EP sous forme de double-album de surcroît!

Lord Eurén : Il n’y a en fait qu’un seul nouveau morceau, donc quelque soit sa durée c’est plus honnête de considérer Tulimyrsky comme un EP, et de fixer le prix en conséquence.


-Belle preuve d’intégrité artistique ! De quoi est fait le futur pour Moonsorrow?

Lord Eurén : Il nous reste 12 dates à jouer dans le cadre du Pagan Fest, puis nous rentrons glander à Helsinki. Nous allons faire quelques festivals pendant l’été, après je ne sais pas. Nous ne savons pas du tout quand est-ce que nous ferons le prochain album, il n’y a pas encore de studio réservé ni de morceau composé, rien du tout.


- A quoi est due cette rupture stylistique entre Kivenkantaja et Verisäkeet?

Ville : Après Kivenkantaja, nous avons fait un break pour réfléchir. Kivenkantaja était un sommet musical, nous ne pouvions pas faire un album plus grand ou plus puissant. Pour éviter les comparaisons, il nous fallait changer de direction. C’était la seule manière de continuer à progresser et surtout de ne pas nous répéter. Tous nos albums sont différents, c’est quelque chose dont nous sommes fiers.


- V - Hävitetty est un album monumental, mais vous avez fait un pari très risqué…

Henri : Non, il n’y avait pas un risque pour nous car nous sommes imperméables aux attentes extérieures. On n’en a rien à foutre que nos albums marchent ou pas, l’important est de faire la musique que l’on aime. Après, si nos albums plaisent aux gens c’est du bonus. Les trois derniers morceaux que j’ai composés durent une trentaine de minutes, mais rien ne dit que ça va continuer comme ça, je n’en sais rien.


- Il y a sur Tulimyrsky les passages les plus violents de votre discographie…

Henri : C’est vrai et c’est peut-être quelque chose que je vais creuser d’avantage à l’avenir… J’ai envie de m’orienter un peu plus vers le black.


-Vous étiez déjà venus en France l’année dernière, mais dans des lieux assez improbables…

Lord Eurén : Oui, en fait nous avions quelques jours de repos dans notre tournée européenne et on nous a proposé de faire ces concerts. Il n’y avait pas grand monde, peut-être 200 à 250 personnes sur les deux dates ! Nous n’avons rien gagné sur ces escapades, nous avons même certainement perdu de l’argent, mais bon…


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DEUXIEME PARTIE

J'ai continué l'interview avec Ville uniquement, par mails interposés.



-Quelle est la question des journalistes que tu détestes le plus (j'espère que nous n'aborderons pas ce point dans la suite... :P) ?

"Que pensez-vous de votre nouvel album?" Pourquoi les gens demandent-ils ça? Que suis-je sensé y répondre? "Euuuuh… je trouve qu'il pue, mais au moins il est sorti."? Il y en a quelques autres, mais celle-ci m'est venue à l'esprit en premier. :)



LE PAGAN FEST


-La tournée du Pagan Fest vient de s'achever. Quelles sont tes impressions? Au fait, comment êtes-vous arrivés sur cette affiche?

Ouaip, ça va bientôt faire six mois maintenant (mais c'est entièrement de ma faute, encore désolé pour le délai de réponse). J'en ai d'excellents souvenirs, c'est quand même la plus grosse tournée à laquelle nous ayons jamais pris part. Nous avons joué dans de nombreuses salles affichant complet, nous avons découvert de nouveaux endroits, nous nous sommes éclatés avec de bons amis, anciens comme nouveaux, et nous n'avons bien entendu pas oublié de boire une honnête dose d'alcool chaque soir… Nous avons pu prendre part au Pagan Fest parce que l'organisateur de la tournée avait transmis une proposition à notre agence de booking. Nous n'interférons pas vraiment dans ce genre de décisions, il vaut mieux laisser les professionnels s'en occuper. :)


-Comment votre concert de Berlin s'est-il passé au final?

Il n'y a eu aucun problème. Antifa avait fortement menacé d'organiser une manif sur place, et nous avions peur que dans le pire des cas notre tour bus puisse prendre feu, mais en fin de compte il n'y avait personne. Quelques policiers pour vérifier que tout se passe bien (la police est obligée d'être sur place lorsque Antifa menace de manifester), et c'est tout. Ce fut un très bon concert, et nous en avons tous pris notre pied. En plus, un assez gros journal local avait publié un article prenant notre défense, donc les agitateurs étaient restés à se tourner les pouces…


-Aviez-vous déjà été stupidement qualifiés de nazis auparavant? Ces accusations vous ont-elles surpris?

Non, ce n'était pas une totale surprise, parce que nous avons déjà été confrontés à ce genre d'accusations. Les gens interprètent visiblement très facilement de travers dès que l'image d'un groupe est ne serait-ce qu'un poil emprunte de romantisme national (ce qui n'a rien à voir avec le nationalisme) et qu'il y a dans le logo un quelconque symbole employé par les nazis (dans notre cas la rune S, qui est apparue dans l'alphabet scandinave quelques milliers d'années avant la période nazie…). Ils pourraient peut-être se cultiver et même potasser quelques bouquins d'histoire avant de balancer pareilles conneries.


-Que penses-tu de cette sorte de persécution que subissent de nombreux groupes en Europe de l'Ouest?

Toute cette affaire est une grosse blague. Beaucoup semblent associer paganisme et nazisme, alors que ces concepts n'ont absolument rien en commun. Comme je l'ai dit, les gens devraient se renseigner ou bien se taire.


-Envisagez-vous de faire une vraie tournée européenne en tête d'affiche avant le prochain album?

Nous n'avons pour le moment rien de prévu qui aille dans ce sens, et les projets pour l'année à venir sont d'ailleurs encore très vagues. Moonsorrow est en cela un groupe excitant (pour nous aussi) qu'on ne sait pratiquement jamais à l'avance ce qui va se passer. :)



LA MUSIQUE DE MOONSORROW


-Comment l'enregistrement de Tulimyrsky s'est-il déroulé? Avec qui?

Nous avons tout enregistré en quelques semaines sans incident notable. Notre manière de travailler est très simple: nous répétons tous les morceaux suffisamment bien avant d'entrer en studio, donc nous n'avons plus qu'à y jouer chacun nos parties. Personnellement, j'étais encore en vacances à New York pendant le processus d'écriture des morceaux, donc quand je suis arrivé au studio, j'ai écouté le morceau, j'en ai écrit la partition et j'ai joué presque tout en suivant la feuille. :) Le disque a été enregistré et mixé au studio de notre mixer live Jukka Varmo, à Helsinki, et derrière la console s'affairaient Jukka et Henri.


-Pourquoi avez-vous privé le morceau Taistelu Pohjolasta de sa magnifique intro (par rapport à la démo ), alors que vos morceaux tendent globalement à s'allonger toujours plus?

Notre intention était d'enregistrer la version live de ce morceau que nous jouons depuis des années déjà, et qui présente d'ailleurs quelques autres différences avec la démo. Nous n'avons jamais joué l'intro en concert, donc nous l'avons logiquement laissée de côté sur ce disque.


-De quoi parlent Tulimyrsky et Taistelu Pohjolasta? Et quid des morceaux de V - Hävitetty?

Tulimyrsky est la suite de l'histoire développée sur l'album Voimasta ja Kunniasta, où le frère du personnage principal trahit son propre village envers un autre village (le personnage principal meurt dans la bataille qui s'en suit). Tulimyrsky est une expédition punitive: les hommes du village dévasté ont compris d'où provenait l'attaque, et les rôles finissent par s'inverser.
Taistelu Pohjolasta est en plein dans l'ambiance classique "chassons les chrétiens", j'étais tout de même 10 ans plus jeune en l'écrivant. :) Les textes restent bons, quoiqu'un peu simplistes.
Hävitetty est basé sur une réflexion profonde sur le vide de la vie humaine et la fin du monde, le premier morceau étant plus personnel alors que le second traite du sujet d'un point de vue plus universel.
Pour plus de détails, les traductions anglaises de nos paroles se trouvent sur notre site internet. ;)


-D'où vient généralement ton inspiration pour l'écriture des paroles?

L'inspiration naît en fait le plus souvent en s'arrêtant pour réfléchir à toutes sortes de choses. Je n'ai pas eu besoin depuis fort longtemps de livres ou de films. Marcher dans la nature et dans l'air vivifiant aide évidemment, mais un environnement urbain et son propre salon ennuyeux peuvent également stimuler la naissance des bonnes idées.


-Vous n'avez à ma connaissance jamais mentionné le Kalevala, t'intéresserait-il de te l'approprier à la manière d'Amorphis?

J'ai évidemment lu le livre, et j'en ai sans doute tiré des influences. Nous n'avons cependant jamais songé à l'exploiter directement - ne serait-ce que parce qu'Amorphis l'a déjà fait si brillamment en son temps, et que nous n'aurions rien à ajouter. Tu as donc en quelque sorte répondu à ta question. ;)


-Tu as déjà écrit un morceau à propos de Lalli, as-tu envie de parler d'avantage de l'histoire finlandaise?

Nous avons disséminé des références à l'histoire de la Finlande par-ci par-là, mais elles sont pour la plupart à lire entre les lignes. Köyliönjärven Jäällä était en fait une tentative de bref cours d'histoire (bien entendu embelli). Mais je n'ai pas été charmé par cette manière de faire au point de continuer dans cette voie. Je préfère laisser aux lecteurs matière à réfléchir plutôt que des "vérités" toutes prêtes.


-Ecris-tu tes paroles en pensant à des morceaux terminés, ou bien les processus d'écriture et de composition sont-ils indépendants?

La plupart des paroles s'ajoutent à des morceaux finis, car l'histoire développée par le texte peut alors être arrangée directement en fonction de la structure du morceau et les lignes peuvent être écrites de manière à correspondre aux arrangements vocaux (qui sont parfois définis à l'avance). Cependant, pour Tulimyrsky, j'ai dans un premier temps ébauché l'histoire, et Henri a composé le morceau en fonction de cette trame, en quelque sorte comme la BO d'une histoire. Les processus d'écriture et de composition ne sont donc en aucun cas indépendants, parce que quelque soit l'ordre dans lequel ils se déroulent, le second doit toujours s'adapter au premier.


-Votre musique est très "visuelle", pourrait-on imaginer Moonsorrow faire un jour la totalité d'une BO?

Je pense que ce serait alors l'affaire de Henri, pas tant du groupe. Je ne crois pas que nous autres aurions grand-chose à apporter à une BO menée par un orchestre symphonique, dépourvue d'instruments électriques. Mais l'idée est séduisante.


-Quelle BO aurais-tu rêvé de composer?

Probablement celle du Seigneur des Anneaux, parce que je suis un grand fan du livre, et que composer de la musique sur cette base laisse certainement beaucoup de place à l'imagination.


-Envisagez-vous de jouer d'autres reprises? Quelles reprises aimerais-tu faire?

Nous n'avons pas prévu de faire de nouvelles reprises pour le moment, parce que le prochain album suivra de nouveau le schéma normal, c'est-à-dire qu'il ne contiendra que des morceaux à nous. Nous ne jouons d'ailleurs pas beaucoup de reprises en concert, donc en l'absence d'un album spécifique ce serait assez vain d'en faire.
Si je devais faire une reprise, ce serait vraisemblablement une version lente, "moonsorrowienne", d'un morceau de Slayer, ou alors je me reprendrais moi-même et je ferais une version totalement différente de Pakanajuhla. :)


-Il y a beaucoup de parties acoustiques dans vos derniers morceaux, envisageriez-vous de faire un projet entièrement acoustique?

Il n'en a jamais été vraiment question, parce que nous avons tous l'idée commune que Moonsorrow est censé faire du metal. Les parties acoustiques s'intègrent bien à nos morceaux, mais parce que leur rôle est de créer des contrastes, je ne pense pas qu'un album acoustique soit aussi convaincant qu'un album de metal de Moonsorrow.


-Quels instruments traditionnels avez-vous utilisés jusqu'à présent?

Depuis le tout début nous manions l'accordéon et la guimbarde, et ils n'ont pas l'air d'avoir envie de disparaître. En outre, la flûte, le violon, le kantele et le nyckelharpa s'invitent sur Kivenkantaja et Verisäkeet.


-Quel est l'oiseau que l'on entend au début de Jotunheim?

Un plongeon arctique (Gavia arctica).


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MOONSORROW EN LIVE


-Comment vous débrouillez-vous en concert avec vos morceaux de plus de 20 minutes? Avez-vous déjà joué Tulimyrsky?

Cela nécessite toujours des petits arrangements et une attitude appropriée, mais jusqu'à présent nous nous en sommes tirés honorablement. En tant que musiciens nous aimons le défi que représente l'arrangement de morceaux épiques en versions jouables en live. Nous avons joué le début et la fin de Tulimyrsky en tant que premier et dernier morceaux du set. La partie progressive du milieu est restée de côté pour l'instant, mais nous aurons bien le temps de la répéter un jour.


-Avec qui rêverais-tu de tourner?

L'un de mes plus grands rêves était de tourner avec Primordial, et il s'est réalisé il y a quelques années. Depuis cela m'est assez égal qui s'entasse dans le tourbus avec nous. :)


-Y a-t-il un DVD live de prévu?

Il en a été occasionnellement question, mais nous n'avons jusqu'à présent pas pu mettre nos plans à exécution, principalement pour des raisons financières. Peut-être un jour, on verra…


-Quel est l'endroit le plus étrange où tu aies joué?

Sans doute une combinaison bizarre d'une discothèque et d'un bunker à Osijek, en Croatie. Une salle incroyablement longue, où les projecteurs éclairaient tout le temps le public, du coup on ne voyait rien sur scène. Il y en a eu d'autres, mais leur étrangeté tenait surtout dans l'état des backstages ou dans des manières des plus curieuses de gérer les balances.



LE FOLK METAL


-Que penses-tu des groupes qui font du folk metal en anglais?

Je n'ai rien contre ça. L'anglais est la langue universelle de la musique, et se produire en sa propre langue est uniquement un remarquable bonus. Je suis d'avantage dérangé par les groupes de folk metal qui ne prennent pas la peine de faire de la bonne musique. ;)


-As-tu le sentiment d'appartenir à une scène commune avec les autres groupes de folk metal finlandais come Finntroll, Korpiklaani, Turisas, Ensiferum, … ?

D'une certaine manière oui, d'une autre non. Tous dans la "scène folk metal" finlandaise sont en tout cas de bons amis, et nous nous voyons souvent même à côté de nos occupations musicales. Je ne considère cependant pas que les groupes que tu as cités soient musicalement similaires.


-As-tu une quelconque explication au grand succès actuel du folk metal?

J'aime penser que ce succès provient d'un sentiment de nostalgie des gens et de leur envie de sortir du système de valeurs biaisées et matérialistes de la société d'aujourd'hui. Mais la vérité est que je ne peux pas répondre à cette question. J'espère que la majorité des gens qui font partie de cette mouvance, le sont de tout leur cœur et de manière sincère.



TOUT LE RESTE...


-Quel effet cela fait-il de voir Tulimyrsky dans les charts, coincé entre Madonna et Ari Koivunen? :P

C'était un instant d'extase. Je regrette seulement que nous n'ayons pas réussit à dépasser Madonna. ;)


-J'ai appris récemment que tu as été rédacteur en chef du magazine Inferno, comment en es-tu arrivé là? Pourquoi en es-tu parti?

J'en suis arrivé à ce boulot parce que j'avais écrit pas mal de textes divers depuis 1997 et j'avais par la suite été également rédacteur à Inferno. Alors lorsque le rédacteur en chef précédent a décidé de prendre du recul, il m'a demandé de le remplacer. Je n'ai pas osé refuser. :) Je suis parti parce qu'une assez grande maison voulait racheter le journal, et que mes services n'avaient alors plus d'utilité.


-Henri fait également partie de Finntroll, cela engendre-t-il des problèmes d'organisation?

Henri ne joue à vrai dire dans aucun des deux groupes en live (seulement certains concerts de temps en temps), donc nous n'avons pas encore été confrontés à des problèmes d'organisation. Par ailleurs, les albums des deux groupes ne se font généralement pas en même temps, donc le bonhomme a suffisamment de temps à accorder aux deux.


-Y aura-t-il une suite pour Lakupaavi, ou bien était-ce une blague d'un seul album?

Oui, Lakupaavi est toujours en vie!


-J'ai remarqué que beaucoup de groupes finlandais quittent Spinefarm après avoir percé à l'étranger, tout va bien avec Spikefarm de votre côté? :P

Notre contrat porte encore sur un album, et il n'y a aucune raison d'aller voir ailleurs avant cette échéance. :) Mais on ne sait jamais ce qui peut se passer par la suite.


-Quels groupes écoutes-tu en ce moment?

Des groupes de tous poils. D'après la liste "écoutés récemment" de mon ordinateur, il s'agit de Kristiina Wheeler, Sólstafir, Primordial, Hail Of Bullets, Thyrfing, AC/DC, Porcupine Tree, Julma Henri & Syrjäytyneet, Francine et Pantera.


-Quel est ton avis sur le téléchargement illégal?

Internet offre encore des opportunités considérables pour les petits groupes, parce qu'une partie des gens ayant téléchargé illégalement va aux concerts et achète du merchandising, que l'on ne peut pas télécharger. Bien sur, les maisons de disques y perdent de l'argent. Il s'agit d'un sujet tellement polémique que j'aimerais voir des statistiques neutres et impartiales à propos de l'impact du téléchargement illégal sur les ventes de disques avant de commenter la situation plus en détails.


-Qu'aimes-tu en dehors de la musique?

Le foot, les voyages, le temps passé avec les amis et la famille… tous ces trucs ennuyeux qui font partie d'une vie normale. :)


-Quelles études as-tu fait?

J'ai étudié dans le temps les maths à l'université dans l'optique de devenir prof, mais avec les groupes et la multiplication d'occupations de toutes sortes c'est resté complètement à l'arrière-plan. Mes études sont pour le moment en suspens, mais il n'est pas exclus que je retourne sur les bancs de la fac un jour.


-Quelque chose à ajouter aux lecteurs de HeavyLaw?

Merci d'avoir lu jusqu'ici, et en particulier merci énormément à tous ceux qui sont venus nous voir au Pagan Fest!

Wednesday, August 31, 2011

La Grosse Radio / August 2011

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Dimanche 21 Août 2011

Katarz : Et bien merci Mitja pour cette interview, je voudrais parler avec toi dans un premier temps de la tournée que vous êtes doucement en train de terminer.

Mitja : Et oui on est sur la route depuis le printemps maintenant, pour la tournée Pagan Fest avec Korpiklaani et d'autres groupes de Pagan. Puis, chacun de nos week ends jusqu'à maintenant a été rempli de festivals un peu partout en Europe. On a fait aussi le Tuska Open Air en Finlande, à Helsinki et d'autres petits festivals non moins sympas.



Born666 : Avez vous des retours de votre dernier album ?

Notre dernier album est sorti en mars et s'intitule Varjoina Kuljemme Kuolleiden Maassa. On est très satisfaits de cet album. Nous avons eu des problèmes de distribution dans certains pays mais le contenu j'en suis fier. Je n'ai pas encore les chiffres en termes de ventes mais je crois que c'est mieux que l'album précédent. Il faut bien six mois pour vraiment commencer à comptabiliser les ventes.


Born666 : Tu voudrais décrire le groupe aux français qui ne vous connaissent pas encore ?

Moonsorrow est un groupe de Metal qui a beaucoup d'éléments de folk traditionnel. Nous sommes influencés par des groupes comme Bathory, des classiques. Nous avons beaucoup d'éléments Black Metal aussi. Sans oublier que parfois nous puisons aussi dans le symphonique et la musique scandinave traditionnelle. Nous avons déjà six albums à notre actif et on peut dire que d'album en album tous ces éléments se retrouvent dans notre musique, mais dans des proportions différentes.


Born666 : Vous êtes tous originaires de Finlande ?

Oui, nous venons tous de Helsinki. Mais c'est vrai qu'aujourd'hui on tourne tellement qu'il ne serait pas compliqué pour moi de déménager quelque part, par exemple en Allemagne ou à Paris...


Katarz : Dans votre musique vous utilisez beaucoup de sons enregistrés, des chants d'oiseaux, des feux de camp, des bruits d'air ou d'eau. Vous êtes des gars proches de la nature ?

Oui, nous nous décrivons comme un groupe de pagan et le paganisme a son noyau dans la nature. Notre musique, nos paroles, nos expressions scéniques, on y retrouve ces éléments de la nature.


Katarz : Moi chacun de vos concerts me fait littéralement planer. C'est une intention, quand vous composez, de créer une atmosphère, une sorte d'univers qui nous enveloppe et nous transporte ? Peut être que ce n'est d'ailleurs pas une intention, et vous crééz simplement une musique que vous avez envie d'entendre ?

C'est vrai qu'on a toujours une idée derrière la tête avant de composer : cela peut être un concept, une idée bien précise. Notre musique on la voit comme quelque chose de très visuel. On utilise beaucoup d'instruments, de mélodies, de fonds sonores... notre intention c'est de les mélanger de manière à ce que quand tu fermes les yeux, tu vois des images.



Born666 : Vous revenez en France cet automne ?

Oui nous avons une tournée prévue en Novembre : Paris, Montpellier, et quelque chose d'autre. (Rires) Je ne me souviens plus.

NDLR : Il s'agit de la tournée Dead Tyrants avec Tyr.
21/11 : Colmar
22/11 : Paris (La scène Bastille)
23/11 : Toulouse
27/11 : Montpellier



Born666 : Vous êtes connus pour composer des morceaux très longs. Parfois une demie heure. Vous allez faire un double album un jour ?

On ne sait pas encore. Ce qui est sûr c'est que chaque fois que l'on compose on se fixe des limites (7 minutes, 3 minutes...) que l'on ne tient jamais ! (Rires)
Pour une raison mystérieuse nos compositions finissent toujours par être beaucoup plus longues que ce qui était initialement prévu.
On ne va pas revenir à des compositions d'une demie heure. Par contre un double album c'est beaucoup de travail donc je ne sais pas si on pourra le faire dans l'immédiat. Chaque morceau que nous composons déjà est un effort incommensurable. Cependant si l'on venait à faire un tel album, on aimerait que tu puisses l'écouter d'une traite tu vois ? Donc c'est beaucoup de travail.


Born666 : Comment vous viennent les structures des chansons ? Peut être partez-vous d'un riff? Chacun apporte ses idées ?

Oui on part souvent d'un bon riff ou d'une intro. On a étudié beaucoup la musique et on voit tout de suite si l'élément apporté sera incorporé en début ou au milieu d'un titre. On travaille vite mais une fois les riffs trouvés, la musique trouvée, c'est très difficile ensuite de faire en sorte que tout s'imbrique bien. Disons qu'on tâtonne, on cherche à arranger un morceau progressivement.


Katarz : Vos chansons sonnent comme des histoires que vous racontez.

Oui, c'est tout à fait ça. Il y a des débuts, des développements, des fins... Il y a des choses qui se passent.


Katarz : Et bien sûr les paysages. Je voudrais savoir si vous faites partie des associations de reconstitution historique ?

Non, non on ne fait rien de cela. On ne fait pas de jeux grandeur nature non plus. Même si les influences historiques sont importantes dans nos esprits, on n'essaie pas de les recréer dans nos vies. On vit dans les temps modernes...


Born666 : Alors qu'est-ce que c'est être païen aujourd'hui ?

La nature est mon hobby. Je la photographie, je fais énormément de randonnées. Je la célèbre comme ça. S'il y a quelque chose de sacré dans ma vie c'est certainement la nature. Je ne crois pas en Dieu ou quelque être supérieur. Pour moi la nature et la vie sont sacrés en soi.


Katarz : Quand j'ai posé la question à un Finlandais un jour, il m'a dit qu'il se sent déraciné, que vous êtes un peuple sans culture. Qu'est-ce que tu réponds à ça ?

Je crois qu'il a tort. On a des racines fortes en réalité. Si tu ne les connais pas, tu peux le dire mais pour moi ce n'est pas vrai. Si un Français vient en Finlande il ne la verra pas de prime abord, mais si tu creuses un peu, tu t'aperçois qu'on a des traditions, une vraie appartenance.


Katarz : Et qu'est-ce que font les Finlandais au beau milieu de l'hiver, par -30°C ? Je sais que vous êtes un peuple qui lit beaucoup !

Oui on a des problèmes d'alcool ! On a beaucoup de neige, surtout il y a deux ans. Il fait nuit, il pleut 6 mois par an, sans soleil. Ca peut être déprimant. Je n'aime pas ça. On essaie donc de partir en tournée dès le printemps ! Mais j'aime aussi aller skier ! Je vis dans le centre de Helsinki donc je m'évade souvent.


Katarz : Tu as quelque chose à dire au public français ?

Oui je voudrais dire que l'on ne joue pas assez souvent en France. On voit l'enthousiasme des Français chaque fois que l'on vient mais ce qui est sûr c'est que l'on ne vient pas assez souvent ! Mon rêve ce serait de faire une tournée d'une semaine complète rien qu'en France.


Born666 : Et bien merci pour cette interview !

Katarz : Merci à toi !

Wednesday, August 3, 2011

Kaosguards / July 2008

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MOONSORROW le 06/07/2008
Par Evildead

VERSION FRANÇAISE

Interview réalisée par mail avec Marko Tarvonen, le batteur.

Issu des froides contrées finlandaises, Moonsorrow propage sa musique à mi-chemin entre un Black Metal sauvage et un Metal Viking rendant hommage à leurs croyances et leur culture. Célèbre également pour leurs titres longs à n'en plus finir, ils se démarquent de leur frangins du Nord en proposant un metal plus original et varié. Entretien avec les gars d'Helsinki plus chaleureux que leurs températures locales!

1. Question esssentielle :parlez nous de cette idée (pour « V : Hävitetty ») de faire un album avec deux chansons seulement…

Ce n’était pas vraiment prévu comme cela au départ. En fait, nous pensions faire un album de Moonsorrow tout à fait normal. Mais ensuite, lorsque nous avons commencé à écrire les chansons, nous les avons trouvé suffisamment épiques et de ce fait, nous avons décidé de faire ainsi ! Les choses ont donc naturellement tourné de cette façon. Nous avons écrit des milliers de riffs différents et de parties de chansons, et nous avons commencé à dégager les meilleures idées dans le but de créer un opus aussi bon que possible. Et il était totalement hors de question de diviser les pistes afin d’en faire plusieurs.

2. Etait-ce un challenge pour le business ou une réelle inspiration, ou les deux ?

Nous n’avons jamais pensé que nos albums se vendraient comme ceci ou comme cela. Cela ne se passe pas comme ça. En priorité, nous faisons ceci pour nous-mêmes, donc honnêtement c’était juste une inspiration.

3. Parlons maintenant de « Tulimyrsky » : sur la première chanson, vous proposez un titre de 30 mn. C’est un nouveau Moonsorrow ?

Oui. Après les festivals de l’été dernier, nous avons simplement pensé faire quelque chose de différent, en l’occurrence, nous avons opté pour un EP. Le concept de « Tumilyrsky » (une chanson plus agressive et proche de nos débuts) ne nous a pas quitté depuis 2005. Maintenant, nous avons le temps de nous y consacrer. Au début, Henri et moi avons simplement composé quelques riffs (c’est toujours comme cela que nous commencons à écrire nos chansons). J’avais ce blast beat en ouverture et je l’ai montré à Henri qui s’est exclamé : <>. Après ça, il a commencé à écrire pleins de choses puis nous avons alors réalisé que de nouveau, cela faisait une énorme chanson (rires) ! J’ai alors dit à Ville, que ce serait cool d’avoir une histoire sur la vengeance et d’avoir quelques références à nos précédents albums (principalement « Voimasta Ja Kunnista » car c’est aussi un concept album). Et petit à petit, nous nous sommes retrouvés avec 29 massives dramatiques minutes de titre de Moonsorrow.

4. Pourquoi avoir choisi Mika Jussila pour le mastering ?

Nous avons toujours travaillé avec lui pour le mastering car c’est un gars de confiance pour Spinefarm. C’est très facile et cool de bosser avec Mika.

5. Dans quel but avez-vous commercialisé ce CD, pour faire patienter les fans jusqu’au prochain album ou pour faire connaître les titres qui le méritent ?

C’est vraiment une sorte de package pour les fans. Cela n’a rien à voir avec la sortie du prochain full-lenght. Nous avons pensé ajouter du matériel un peu spécial (covers et vieux titres) avec le titre éponyme et l’enregistré à bas coût.

6. Pourquoi des covers de Metallica et Merciless ?

« For Whom The Bell Tolls » est l’un de ces titres que l’on écoute quand on est jeune. Nous avons simplement essayé de les accomoder à la sauce Moonsorrow le mieux possible. On l’avait enregistré depuis 2005 déjà et c’était une bonne idée de le mettre sur l’EP aujourd’hui. Quelques uns de nous avons aussi été de gros fans de Merciless donc nous avons fait un arrangement de l’un de de leurs titres.

7. Quels ont été vos sentiments après le Pagan Fest Tour ?

La tournée était excellente ! Un bon packaging de groupes, de bons amis et des salles sold out ! C’était vraiment génial !

8. Comment créer une bonne chanson de pagan folk ?

Je ne sais vraiment pas. Il faut juste se concentrer sur ses pensées intérieures et ce qui coule dans nos veines et ensuite, écrire une chanson naturellement.

9. Je sais que vous êtes attachés à vos traditions ; comment vivez-vous avec chaque jour ?

Pas nécessairement tous les jours, mais la façon dont je perçois la culture des traditions et le paganisme dans Moonsorrow signifie l’antichristiannisme, le respect de la nature, la famille et notre héritage culturel…mais en tant qu’individu, nous sommes cinq et donc différent, mais cela n’a jamais vraiment été l’image du groupe. C’est notre façon de vivre. Bien sûr, j’ai un attachement à la nature car je crois que c’est la plus grosse force sur cette planète. Personnellement, je ne suis pas impliqué dans la religion, je suis athée. Je vis au jour le jour, j’ai confiance en ce que je fais et j’essaie de rester vrai.

10. Te sens-tu plus Finlandais qu’Européen ?

Finlandais définitivement, du fait de nos différences de mentalités, culturelles et de langue.

11. Quelles sont vos relations par rapport aux autres groupes Finlandais?

Très bonnes en fait. Nous connaissons la plupart des groupes aux alentours d’Helsinki (Amorphis, COB, Ensiferum, et Impaled Nazarene pour en nommer quelques uns). De bons amis pour se retrouver en festivals et dans les bars.

12. En habitants du Nord, vous êtes plus inspirés pour composer l’été ou l’hiver ?

Euh…je ne vois pas de différence. Nous croyons en la force des opposés, comme le feu et la glace, l’été et l’hiver, le calme et la tempête, le beau et le laid. Et nous tentons toujours de refléter cette puissance dans notre musique et dans le concept de nos covers.

13. Pensez-vous que votre musique puisse être uniquement composée par les gens qui vivent dans le Nord ?

Non, je pense que chaque personne qui a à cœur de faire ses propres réalisations sans attente commerciale, est capable de créer une telle forme d’art.

14. Quels sont vos projets pour les prochains mois ?

Prendre quelques vacances, puis partir sur les festivals d’été. Un été 2008 assez relaxant pour Moonsorrow.

15. Avez-vous quelque chose à rajouter pour vos fans Français ?

Merci pour le show à Paris (Paganfest). Vous avez été supers !!! Merci pour l’interview. Nous espérons revenir en France très prochainement. Bonne chance pour l’Euro 2008 !



Mais finalement, l'Espagne a gagné. Ha! - Grilo


ENGLISH VERSION

1. Essential question ; speak us about this idea (For V:Hävitetty) of only two songs making….

- It was not planned like that at first. Actually we thought of doing a very normal Moonsorrow album. But then when we started writing the songs we found them quite epic enough and thought, whatta hell let’s do it in a big way then! So they kind of just turned out like that. We had written thousands of different riffs and song parts and started to sort out the best ideas and tried to arrange the best possible effort as a whole. And it was totally out of question to split the tracks to many indexes.

2. Was it a challenge to the music business or a real inspiration, or both?

- We never think about if our albums were selling this and this much. It’s not like that at all. Mostly we do this for ourselves so it was really just honest inspiration.

3. Let us speak now of “Tulimyrsky » on the first title you propose another song of thirty minutes. It is new Moonsorrow?

- Yes. After last year’s summer festivals we just thought of doing something different and there came the idea of doing an ep. The concept of Tulimyrsky (a song that’s very aggressive and more back to our roots) has been in our minds since 2005 or so. Now we had the right time to make it real. At first I and Henri started just writing some riffs (this is how we always start writing songs) . I had this opening blast beat part and I showed it to Henri and he was like “dude, that’s it!”. After that he started to write more and more stuff and then we realized this is going to be a very huge song once again, haha! I told Ville that it would be cool to have a story about the revenge and to have some references to our previous albums (mainly Voimasta ja Kunniasta because it also is lyrically a concept album). And suddenly there we had 29 minutes massive dramatic Moonsorrow song written.

4. Why to have chosen Mika Jussila for the mastering?


- We have always used him for the mastering duties as he’s a trusted guy for Spinefarm releases. He’s very easy and cool to work with.

5. In which purpose have you commercilaiser this cd, to make the fans wait up to the next album or to publish songs which deserved the light?

- This was something really special package for the fans really. It has nothing to do with the next full album though. We thought lets include some special material (covers and older songs) with the title track and release it as mid-price.

6. Why covers of Metallica and Merciless?

- « For Whom The Bell Tolls » was just one of those songs we used to listen when we were kids. We just tried to do it as moonsorrowish as possible. It was recorded already in 2005 and it was now a good idea to put it on the ep. Also some of us have been huge fans of Merciless so it was nice to arrange one of their songs too.

7. Which feelings after the concerts of the pagan Fest tour?

- The tour was excellent. Very good package of bands, good friends and sold-out venues. It was great indeed!

8. How doing a good song of pagan folk?

- I really don’t know. Just have to feel your inner thoughts and what’s in your blood and then writing a song comes quite naturally.

9. I know you are attached to your traditions, how do you live with that each day?

- Well not necessarily every day but the way I see it the cultural traditions and paganism in Moonsorrow means anti-christianity, respect of the nature, family and our cultural heritage... but we as 5 individuals it can vary a lot, but it was never meant to be just as an image of the band. It’s our manual of life. Of course there is a bond to nature as I believe it’s the highest force on this planet. Personally I’m not a religious person at all, more like an atheist type. I believe in this day and what I do and what I keep true to myself.

10.Do you feel more Finnish before European?


- Finnish definitely because of our different mentality, culture and language.

11. What are your relations with the others Finnish bands?

- Very good actually. We know most of the metal bands from Helsinki area (Amorphis, COB, Ensiferum and Impaled Nazarene to name a few). Good friends to hang in the festivals and bars.

12. As mens of the North you are more inspired to compose in summer or in winter?


- Uhh… I don’t see the difference. We believe in the power of different extremeties, such as fire and ice, summer vs. winter, calm vs. storm, beautiful vs. ugly. And we always try to reflect these powers in our music and cover art concepts.

13. Do you think your music can only be done by the peoples who live in the North of Europe?

- No I think any people who has a true heart to do their own thing without commercial values is capable of creating such art.

14. What are your projects for the next months?


- Going to spend some holiday and then a couple of summer festivals. Quite relaxed summer of 2008 for Moonsorrow.

15. Have you got a last word for your French fans...


- Thanks for the insane show in Paris (Paganfest). You ruled supreme!!! Thanks for the interview. I hope we come back to France very soon. Good luck with football euro-championship games : )